Un rebond des transactions de 36% en un an : à en croire les chiffres publiés fin mai par le réseau Guy Hoquet, les acquéreurs bloqués durant le confinement étaient impatients de pousser la porte des agences. Et pourtant, Internet permet désormais à qui le voudrait de boucler une transaction entièrement à distance, depuis la phase de visite jusqu’à celle du compromis. Sans oublier la signature de l’acte, possible sans se rendre dans une étude notariale. Du moins jusqu’au 10 août, date à laquelle prendra pris fin la période d’exception, durant laquelle de tels documents signés sur support électronique ont acquis la même valeur juridique que ceux paraphés devant notaire.

De la même manière, les bailleurs disposent d’un large panel d’outils en ligne, conçus pour simplifier la mise en location ou la gestion des relations avec l’occupant. Seule la numérisation des services aux copropriétés a pris du retard, même si une ordonnance de mai dernier encourage, jusqu’à début 2021, le recours aux assemblées générales en visioconférence. Pour bénéficier de telles prestations, vous pourrez bien sûr, vous tourner vers les start-up spécialisées du secteur, aux frais allégés. Mais les grandes enseignes n’ont pas dit leur dernier mot et ont profité de la crise sanitaire pour muscler leurs services numériques.

 

Achat : la visite en réel reste incontournable

Techniquement, plus rien n’empêche l’achat d’un bien à distance. Comme le montre notre tableau, chez les agences en ligne, de 75 à 100% des annonces proposent, en plus des traditionnelles photos de présentation, une visite en réalité augmentée, via des photographies 3D qui permettent de se balader dans chaque pièce. De quoi faire un premier tri. Mieux : certaines plateformes, telle Welmo, donnent accès à une visite par visioconférence, menée sur place par le vendeur.

Des fonctionnalités qui se développent aussi au sein des grands réseaux, incités par le confinement à rattraper le temps perdu. Laforêt et Guy Hoquet, par exemple, proposent de plus en plus d’annonces en 3D sur leurs sites. Laforêt, toujours, et Orpi ont eux aussi basculé à la visite en visioconférence. « La possibilité d’une inspection physique demeure indispensable », précise toutefois Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt. « Personne n’achète sans voir réellement un bien. La visite virtuelle vient compléter l’offre », abonde Dayan Lomont, directeur d’agence Century 21.

 

Imbattable, le numérique l’est en revanche pour la volumineuse paperasse : c’est ainsi que tous les réseaux recensés dans notre tableau permettent la signature électronique du compromis. Il suffit de cocher une case validant la bonne compréhension des éléments, puis de marquer son accord en cliquant sur le bouton « signé », avant que l’ensemble du dossier, diagnostics techniques inclus, ne soit transféré par mail. Sans souci de sécurité, puisque les solutions utilisées, telles que Certeurope, vérifient l’identité des signataires.

L’ultime étape, celle de l’acte authentique, est aussi possible à distance, et sans avoir à confier de procuration jusqu’au 10 août 2020. Un décret du 4 avril 2020 a en effet conféré aux actes sur support électronique la même valeur juridique que ceux établis en présence d’un notaire, pour une période expirant dans « un délai d’un mois à compter de la date de cessation de l’état d’urgence sanitaire », prévue au 10 juillet. Il suffit dès lors de se connecter en visioconférence avec le notaire, en même temps que le vendeur. Lors que l’officier ministériel a passé en revue l’ensemble des documents, un formulaire permet de donner son accord. Le seul problème étant de trouver un professionnel équipé, puisque 40% seulement des études possèdent les outils requis. Il leur a toutefois été demandé de les mettre à disposition des 60% restants.

 

Mise en vente : un service rapide et peu cher

Plusieurs milliers d’euros de rabais sur les frais de vente : voilà ce que vous économiserez en confiant votre bien à une agence immobilière 100% en ligne, comme Liberkeys et Hosman, qui facturent une commission fixe proche des 5.000 euros, ou Welmo, aux frais proportionnels rabotés. Ace tarif, il faut toutefois se plier à leurs méthodes. C’est ainsi que chez Welmo, c’est au vendeur d’assurer les visites, si besoin en visioconférence. « 95% de nos transactions se dénouent sans l’intervention physique d’un agent », assure Nicolas Gay, fondateur du site.

Même processus à distance pour l’estimation, qui passe en priorité par des algorithmes et par la visioconférence. Homeloop, le spécialiste du rachat rapide, demande même aux candidats à la vente de zoomer sur les prises électriques et les fenêtres pour donner une idée fidèle de l’état de leur bien. Chez Hosman, cette visite filmée peut constituer la seule modalité d’estimation. « Nous ne la réservons qu’aux biens les plus courants, situés dans un quartier où les transactions sont nombreuses, et n’offrant pas de prestations particulières, à l’image d’une terrasse », explique Stanislas de Dinechin, cofondateur.